Et finalement, après quatre mois, ce fut l’arrivée de Lixy. Bien sûr, en grand-mère conservatrice, Marie-Louise sourcilla devant le prénom si... si peu français. Mais elle ne dit rien, heureuse de voir sa fille revenir vivre à La Croisée, calmée par cette maternité inattendue. Toute aussi heureuse dans cette histoire, Bérénice. N’ayant jamais quittée la plantation pour vivre sa vie et d’une gentillesse qui faisait qu’elle ne pouvait qu’aimer les enfants, surtout sa nièce, elle choya la petite comme sa propre fille. Et quand lors du baptême, il fut décidé qu’elle était marraine, elle ne put que pardonner ce qu’elle reprochait secrètement à sa sœur : le mal qu’elle avait fait à leur mère.
Tout comme sa mère et sa tante, Lixy fut scolarisée chez elle, sous la gouverne de sa grand-mère. Elle appris, toujours comme ses aînées, les matières classiques et surtout le français, qu’elle se devait de savoir parler et écrire couramment, et Marie-Louise décida que sa petite-fille se devait d’apprendre la couture et la cuisine en plus du savoir-vivre, au grand malheur de Lixy qui affichait très tôt le même besoin de liberté que sa mère.
Le soir, les œuvres de Camus, Hugo et d’autres grands auteurs européens berçaient la petite tandis que le matin elle filait à la cave écoutait les vieux 33 tours de sa mère.
L’année de ses sept ans, au plus grand bonheur de Lixy mais aussi de sa mère, la fillette eut le droit d’arrêter la danse classique qu’elle haïssait à condition qu’elle choisisse une autre activité. Et à la surprise générale, c’est là que Lixy commença la boxe et commença à perdre de sa féminité enfantine.
Le tout empira lorsqu’à ses quinze ans, Charlotte décida de retourner dans son ancien appartement avec Lixy, jugeant que cette dernière avait appris tout ce qu’il fallait et que le reste de la famille devait à présent pouvoir vivre sans les avoir sur le dos.
Cette séparation fut bien moins violente que la première. Et Lixy emportant dans sa valise toutes les œuvres de sa bibliothèque et chacun des CDs de Charlotte, qu’elle adorait.
Le fait de vivre enfin ensemble permit à la mère et la fille de créer enfin ce lien qui n’existait pas entre elles. En effet, la grand-mère s’occupait de l’éducation, la marraine s’occupait de la gâter et de l’aimer et il ne restait plus de rôle vraiment important pour la mère. Charlotte devint donc la meilleure amie de sa fille. Quand Lixy se mit à fumer, aussi bien la cigarette que du cannabis, Charlotte reprit en même temps.
C’était l’adolescente qui se chargeait de trouver la drogue, les anciens dealeurs de Charlotte ayant fini par se retirer, et se fut certainement une grande erreur.
Non pas à cause de la police, bien que Lixy se fit arrêter une fois en possession de cannabis mais à cause du dealeur que Lixy avait trouvé. Il s’appelait Jeff et comme elle, c’était un jeune homme de grande famille qui tenait plus à sa liberté qu’à sa famille.
Alors que Lixy affichait fièrement ses quinze ans à l’époque, lui en avait déjà vingt-trois. Il la servait bien, l’amusait, la considérait elle et sa mère comme des amies avec qui il fumait de plus en plus souvent. Et bientôt, il y eu un 5 avril 1992 qui resta gravé dans la mémoire de Lixy comme le jour où elle et sa mère revenaient d’un voyage en France, le jour de sa prise seringue d’héroïne, le jour de son premier baiser avec Jeff. Et sous l’effet de l’héroïne, le baiser évolua vite jusqu’à des préliminaires. Lixy, dans un monde totalement à part, expliqua à Jeff un principe idiot, sans aucun sens, qui prohibait la pénétration. Jeff comprit, ou en tout cas dit comprendre et respecta le choix de la demoiselle.
Lixy était folle amoureuse de lui, elle rayonnait de joie et confiait tous les détails avec un large sourire à sa mère qui se réjouissait pour elle. Il n’était pas rare que le dealeur dort plusieurs nuits chez elles puis que Lixy passe la semaine à son appartement avant que les jours suivants, Jeff ne donne aucune nouvelle. Il en voyait d’autres, elle le savait et s’en fichait, ce n’était que sexuel avec les autres. D’ailleurs elle aussi en voyait d’autre et toujours, elle et Jeff se retrouvaient alors où était le mal ? Ils s’aimaient tellement quand un jour, alors qu’ils étaient soûls, chacun se fit tatouer l’initial de l’autre. C’est ainsi qu’un J apparu en lettre scripte sur la hanche de Lixy alors que c’est un L qui apparaissait sur le pubis de Jeff.
Et puis finalement, le jour où le jeune homme en voulu plus arriva. Lixy, âgée alors de dix-huit ans et totalement dépendante à la drogue autant qu’à son petit ami, prit alors innocemment et joyeusement après un joint une drogue qu’elle n’avait pas encore prise et que son dealer gardait inconnue. Sensation assurée avait précisé Jeff avant de lui glisser à l’oreille trois lettres qui firent déchanter la jeune fille : LSD. Et tandis qu’il s’excusait d’avance de ce qu’il allait faire, lui assurant que c’était elle la fautive, qu’elle était trop belle, trop attachante, trop désirable, lui promettant que ça irait et qu’elle aimerait, il lui fit l’amour pour la première fois.
Lixy ne profita nullement de ce moment, occupée à pleurer toutes les larmes de son corps, à hurler toute la peur de son corps. L’homme en qui elle avait confiance était en train de la violer après l’avoir droguer. Et toute son angoisse la fit tomber dans un “Bad trip”. Cela ne réjouit pas le plus vieux mais ne le fit pas s’arrêter pour autant. Il attendit qu’avoir finit sa petite affaire avant d’essayer de calmer Lixy.
Finalement, elle s’endormit à l’aube après avoir “mal voyager” durant la totalité de la nuit.
Lixy, malgré le mal qu’il venait de lui faire, ne sut avoir envie d’éclater le visage de Jeff contre un mur, comme elle l’aurait fait à n’importe qui. Elle ne lui adressa pas un mot et se laissa aller malgré tout aux baisers et aux attentions de son violeur.
Au soir, il raccompagna la jeune fille chez elle, sur sa moto. Une magnifique Suzuki DRZ SM 400, une moto de 400 cm3 qui avait fait apparaître une passion chez elle. Elle caressa longtemps l’engin une fois arrivée devant chez elle. Elle finit par embrasser chastement son petit ami et s’engagea dans le hall de l’immeuble.
Elle se forgea un sourire convaincant dans l’ascenseur et jamais sa mère ne se douta de ce qu’il s’était passé. Deux jours plus tard, les deux femmes s’envolait pour l’Australie en compagnie de Marie-Louise et Bérénice.
Malgré la façade qu’elle avait su se construire les premiers temps, le masque de la demoiselle tomba rapidement durant le voyage.
Charlotte essaya de lui redonner un semblant de joie en semblant les quatre cent coups avec sa fille, en fumant des joints avec elle et faisant des aquariums avec elle dans la chambre d’autres clients. Bérénice y mit du sien, proposant mille et un cadeaux à sa filleule. Marie-Louise fit même un effort en oubliant cette histoire de communion non faîte.
Finalement, c’est en voyant une puissante Kawasaki ZX-R6 noire, un terrifiant monstre de presque 600cm3 qui l’attendait en Nouvelle Orléans que le visage de Lixy s’éclaira à nouveau.
Charlotte et Lixy finirent par acheter un nouvel appartement, plus classe que le taudis qui leur avait pourtant plu depuis des années, plus loin de chez Jeff surtout. La jeune fille avait compris qu’après son choc, sa famille lui offrait bien plus de libertés. C’est à ce moment qu’elle se rendit compte de l’amour qu’elle avait pour eux et les armoiries de sa famille apparurent donc sur sa nuque. “C’est parce que c’est grâce à vous que je peux garder la tête droite que je me suis fait tatoué la nuque”, avait-elle expliqué.
Lixy eut finalement dix-neuf ans et décida d’arrêter la boxe car certes elle était douée mais cela ne servait à rien, elle savait qu’elle n’aurait jamais le talent, la volonté même, de passer en professionnel. Mais bien sûr, elle continuait à parfois s’entraînait, pour gardait la forme.
A la même époque, se rendant compte qu’elle n’avait plus beaucoup de choses à faire, elle commença à visiter l’Europe, cette fois seule.
Elle commença par les pays de l’Est, passant deux semaines en Roumanie, un mois en Pologne mais la pauvreté de ces pays la firent culpabiliser et elle se rapprocha de l’Ouest, en visitant au préalable la Suède. Elle pensa s’installer un mois dans la belle Italie mais l’américaine partit rapidement après quelques problèmes de communication. Lixy partit en Hollande un long moment, profitant de son plaisir puni dans la plupart des pays, sauf ici. Et alors qu’elle s’apprêter à survoler la mer pour se rendre en Angleterre, elle reçut un appel.
Elle devait au plus vite rejoindre les Alpes pour le baptême d’une asiatique qu’on venait d’adopter et à sa surprise, elle avait été désignée comme étant marraine.
Arrivée dans la demeure familiale, la jeune femme d’à présent vingt ans tomba presque amoureuse de la fillette qui attendait dans une robe d’un jaune fort pâle, observait la salle avec ses yeux bridés. Elle devait avoir cinq ans peut être et quand elle planta son regard d’encre, si pénétrant dans celui de Lixy, la future marraine en fit tomber sa cigarette.
Elle la ramassa maladroitement et l’écrasa dans un cendrier avant de s’avancer et finalement s’agenouiller devant la petite asiatique. Elle glissa presque maternellement ses mains fines sur la taille enfantine et parla dans un français très correct, sans accent.
“Hey, salut. Tu dois être Yume je présume. Moi c’est Lixy, je vais devenir ta marraine ma petite princesse. Je ne sais pas si tu sais ce que ça veut dire. Une marraine, c’est quelqu’un qui doit t’aimer vraiment fort et tout faire pour te rendre heureuse, presque comme une maman. Je suis contente de devenir cette personne pour toi princesse.”
La petite ne lui répondit pas, se contentant de toujours la fixer manquant de peu de déstabiliser la jeune femme.
La main d’u homme se posa alors sur son épaule et un rire retendit. Il s’agissait du rire, et de la main, de Shinimaru, le mari de sa cousine et le père adoptive de la petite.
“Je ne veux pas te décevoir ma chère Lixy mais Yume ne parle que très peu français mais en revanche, elle parle très bien en japonais puisque c’est sa langue natale. Ne t’en fais pas, elle a déjà commencé des cours de français pour pouvoir ainsi comprendre bientôt les jolis paroles de sa marraine.”
Le baptême se déroula dans les jours suivants et Lixy passait du temps avec la jeune Yume, lui offrant des petits cadeaux qu’elle dénichait dans des boutiques proches du château. Elles ne s’échangeaient pas un mot, Lixy refusant que le père adoptif traduise leurs paroles, vexée de son intervention du premier jour.
Finalement, après une semaine, l’américaine revient dans son pays avec sa famille et eut le déclic d’apprendre la langue de Yume, le japonais, tout comme sa filleule apprenait leur langue. Pour la première fois de sa vie, à vingt ans, Lixy se montra une élève studieuse. Elle se mit à appeler souvent chez les De Pergerance restés en France, pour pouvoir constater les progrès de la petite et cela la rapprocha encore plus de sa famille.
Finalement, trois ans plus tard, alors qu’elle maitrisait alors très bien la japonais, elle se décida alors à emmener Yume dans un de ses voyages. Elle avait pensé à la prendre avec elle car, de un, il s’agissait de sa filleule qu’elle avait si peu l’occasion de voir mais aussi car leur destination était le Japon, le pays natal de la fillette.
Dans l’avion, alors que très fièrement Lixy montrait ses capacités en japonais, la petite Yume la dégouta en lui répondant dans un français tout aussi correct que le sien. Vexée, la jeune femme lui répondit alors en anglais, parlant rapidement et avec un fort accent français étrangement, comme elle le faisait en Louisiane auquel Yume répondit avec un “yes” accompagné d’un large sourire, bien qu’elle n’avait rien compris et cela fit rire sa marraine.
Le Japon fit un choc à Lixy, l’éblouissant littéralement. Elle y passa une semaine inoubliable avec Yume. Et donc, en rentrant chez elle, elle fit part à sa mère de sa décision de déménager au Japon.
Sa mère lui répondit sèchement que si cela lui plaisait , tant mieux. Et c’est en froid avec Charlotte, ce qui lui fit mal, que Lixy emménagea dans son joli petit studio.
Quand, à l’arrivée de sa moto par avion, elle trouva un petit mot de sa mère lui disant qu’il ne fallait pas lui en vouloir car voir sa fille déployait ses ailes était dur pour une mère et qu’elle devait vivre pleinement sa vie, les projets de Lixy changèrent du tout au tout.
Elle qui comptait vivre sur l’argent des De Pergerance comme l’avait fait sa mère comprit que pour vivre pleine sa vie comme lui demandait sa mère, elle devait être indépendante financièrement.
La jeune femme prit alors des cours par correspondance, ce qui à sa surprise, fut encore plus simple que ses anciens cours de Japonais. Il faut aussi avouer qu’elle y travailla plus sérieusement encore, espérant faire d’une pierre deux coups et se désaccoutumer ainsi petit à petit de la drogue.
Durant le temps de ses études, l’américaine vit tout de même sur le compte de sa famille, ce qui lui assure un vie confortable.
Finalement, à vingt quatre, riche de ses voyages à travers le monde complémentés par ses récentes études, Lixy a déposé sa candidature dans un pensionnat en tant que professeur de littérature étrangère et a eut le bonheur d’être engagé.
Autre : Lixy a une passion, voire même une obsession : les grosses cylindrée. D’ailleurs, elle possède une Kawasaki ZX-R6 noire, 600cm3 et plus de cent chevaux dont elle est très fière et qu’elle soigne comme son propre enfant.
Aussi, Lixy doit porter des lunettes, ayant une vision de près diminuée depuis qu'elle a passé des heures à étudier ses cours par correpsondance et est dépendante de la cigarette et de la drogue depuis des années. Bien qu’elle se soit limitée à trois ou quatre joints par semaine, la jeune femme ne cherche pas à réduire la nicotine.
Enfin, les armoiries de sa famille qu’elle a tatoué sur la nuque représentent une croix cléchée superposée à un chêne, le tout dans un blason entourée de larges volutes.
Ah et aussi, Lixy n'écoute plus la radio et préfère de loin sa musique, notamment un groupe français des années 90, Billy Ze Kick. Autrement, elle écoute aussi les mêmes vieux groupes punk que sa mère.